Sur cette page Les arnaques crypto les plus fréquentes en Suisse
  1. Les arnaques crypto les plus fréquentes en Suisse
  2. Les signaux d’alerte en un coup d’œil
  3. Liste d’alerte FINMA et autres outils de vérification
  4. Victime d’une arnaque : que faire ?
  5. Sécuriser sa phrase de récupération et ses comptes
  6. Acheter et vendre par des voies sûres

Guide · Sécurité· 7 min de lecture

Arnaques crypto en Suisse : les repérer et réagir

La plupart des escroqueries crypto suivent quelques scénarios bien rodés. Les connaître permet de les repérer tôt – et de savoir quoi faire, dans quel ordre, si le mal est fait.

Uniquement chez des prestataires vérifiés : autorisation FINMA ou affiliation à un OAR.

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L’essentiel en bref

  1. Rendements garantis, urgence et demande d’installer un logiciel d’accès à distance : les trois signaux d’alerte majeurs.
  2. Aucun acteur sérieux ne demande votre phrase de récupération – ni plateforme, ni fabricant de portefeuille, ni police.
  3. Victime ? Stopper les paiements, garder les preuves, porter plainte à la police cantonale, signaler à l’OFCS.
Personne encapuchonnée devant un symbole bitcoin, illustration des arnaques crypto et de la cybercriminalité en Suisse

Pour un escroc, les cryptomonnaies sont idéales : un transfert ne s’annule pas, il fait le tour du monde en quelques minutes, et aucune identité n’apparaît derrière une adresse de portefeuille. Bitcoin et stablecoins se retrouvent donc souvent au cœur des escroqueries. L’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS, en allemand BACS) reçoit chaque semestre des dizaines de milliers de signalements volontaires ; selon lui, l’escroquerie reste la catégorie dominante, un véritable « commerce de masse lucratif ».

La bonne nouvelle : les scénarios se répètent. Qui les connaît décroche avant le premier franc versé.

Les arnaques crypto les plus fréquentes en Suisse

Fausses plateformes de trading et « courtier » au téléphone

Le schéma le plus répandu est l’escroquerie à l’investissement en ligne. Tout commence par une annonce, un formulaire ou un e-mail. Peu après, un « courtier » ou « gestionnaire de compte » aimable vous appelle, bien préparé et patient. Il conseille une petite mise de départ en bitcoin et vous montre un compte où les gains grimpent vite.

Puis la pression monte : « fenêtre unique », bonus en cas de versement plus important. Si vous demandez un retrait, il faut d’abord payer des frais, des impôts ou un « déblocage ». L’OFCS le résume sobrement : aucun versement n’a lieu, car l’argent n’a jamais été investi. Les gains affichés ne sont qu’un décor.

Un détail doit vous alerter immédiatement : la demande d’installer un Programmes comme AnyDesk ou TeamViewer qui permettent à un tiers de voir votre écran et de piloter votre ordinateur. « pour vous aider à acheter ». Les escrocs voient alors votre e-banking, votre portefeuille et tout ce que vous tapez.

Faux articles de presse et publicités avec des célébrités

L’entrée vers la fausse plateforme passe souvent par de faux articles. En octobre 2024, la police cantonale zurichoise a mis en garde, via cybercrimepolice.ch, contre des e-mails prétendant confirmer une transaction crypto. Le lien mène à une page imitant un média connu, où des personnalités semblent vanter une plateforme de trading. Qui remplit le formulaire reçoit peu après l’appel du « courtier ».

Les mêmes faux circulent en publicité sur les réseaux sociaux et les moteurs de recherche, souvent avec des photos de personnalités suisses ou la mise en page d’un quotidien romand ou alémanique. Aucune de ces personnes ne recommande la plateforme. L’OFCS conseille de manière générale d’ignorer les publicités d’investissement sur les réseaux sociaux.

Arnaque sentimentale et « pig butchering »

Dans le Littéralement « abattage du cochon » : l’escroc gagne la confiance de sa victime pendant des semaines, souvent par une relation amoureuse, avant de la pousser vers des investissements crypto toujours plus gros., il n’est d’abord pas question d’argent. Le contact naît sur une application de rencontre, Instagram, LinkedIn ou via un message WhatsApp prétendument envoyé par erreur. Pendant des semaines se construit une amitié ou une romance. Puis la personne évoque ses succès avec une application crypto et propose de vous aider.

L’application est fausse. Souvent, de petits retraits sont d’abord autorisés pour renforcer la confiance. Viennent ensuite des versements plus importants, jusqu’au retrait bloqué par des « impôts » inventés. Règle simple : quelqu’un rencontré en ligne qui se met à parler placements est un risque, aussi chaleureux soient ses messages.

Hameçonnage de la phrase de récupération et fausses applications

Votre Les 12 ou 24 mots qui permettent de restaurer un portefeuille. Qui les connaît contrôle les cryptos. est la clé maîtresse de vos coins. Les escrocs tentent de l’obtenir par tous les moyens : e-mails ou SMS menaçant d’un blocage, faux comptes de support sur Telegram ou X, sites de « synchronisation de portefeuille ». S’y ajoutent des copies d’applications de portefeuille dans les magasins d’applications et de fausses extensions de navigateur qui ressemblent à s’y méprendre aux originales.

La règle est absolue : la phrase ne se saisit jamais sur un site, dans un formulaire, un chat ou au téléphone. Aucun fabricant ni aucune plateforme ne la demande. Avec un portefeuille matériel, les mots ne se saisissent au besoin que sur l’appareil lui-même. Plus de détails dans le guide portefeuille crypto en Suisse.

L’arnaque à la récupération : la double peine

Une victime figure ensuite sur des listes. Des mois plus tard, de prétendus avocats, autorités ou services d’Europol et d’Interpol promettent de récupérer l’argent perdu. Selon l’OFCS, ils exigent à nouveau des frais et des impôts, parfois avec de faux documents officiels. La FINMA précise qu’elle n’est jamais impliquée dans des procédures ou offres visant à réparer des pertes financières. Quiconque demande une avance pour récupérer votre argent vous escroque.

Fausses autorités, banques et entreprises

Les escrocs aiment se faire passer pour une autorité ou une marque connue. En juin 2025, la FINMA a mis en garde contre des e-mails d’hameçonnage utilisant un faux expéditeur FINMA ; elle rappelle qu’elle ne contacte en principe pas de particuliers et n’utilise que des adresses en @finma.ch. En 2023 déjà, elle signalait de faux intermédiaires d’assurance qui se servent d’extraits du registre FINMA pour proposer des placements en bitcoin. Signaux d’alerte selon la FINMA : données divergentes du registre, adresses e-mail étranges, numéros étrangers, paiements vers des comptes à l’étranger.

Au téléphone, les fausses autorités sont un phénomène de masse. Selon l’OFCS, plus de 400 signalements par mois ont porté au premier semestre 2026 sur de tels appels avec des numéros suisses ; après l’extension de l’obligation d’identification aux numéros mobiles en juillet 2026, leur nombre a nettement baissé. S’y ajoute l’hameçonnage classique au nom de PostFinance, de La Poste ou des CFF.

Distributeurs de bitcoin et codes QR

Variante particulièrement perfide : un interlocuteur – soi-disant police, banque ou support – affirme que votre compte est menacé. Vous devez retirer de l’argent liquide, le verser dans un distributeur de bitcoin et envoyer les coins vers un code QR qu’il vous transmet. L’argent part alors directement chez les escrocs. Aucune autorité ni banque suisse n’exige jamais un paiement via un distributeur de bitcoin.

Les signaux d’alerte en un coup d’œil

Liste d’alerte FINMA et autres outils de vérification

Avant de confier votre argent à une plateforme, vérifiez-la à plusieurs endroits.

Liste d’alerte de la FINMA. La liste d’alerte recense des sociétés et personnes qui exercent peut-être sans autorisation. Vous pouvez y chercher un nom et filtrer selon l’inscription au registre du commerce. Important : selon la FINMA, la liste n’a pas vocation à être exhaustive ni actualisée au jour le jour. Les nouvelles plateformes frauduleuses y figurent souvent des semaines plus tard.

Liste d’alerte de la police cantonale zurichoise. Sur cybercrimepolice.ch, la police répertorie des plateformes en ligne et des adresses crypto suspectes. Le site présente aussi des cas récents et un formulaire de signalement.

Vérification positive. Plus important que l’absence d’alerte : la preuve d’une surveillance. La société figure-t-elle dans la liste FINMA des établissements autorisés ou dans l’annuaire d’un organisme d’autorégulation comme SO-FIT ou le VQF ? La démarche pas à pas et le sens de chaque licence sont expliqués dans notre guide sur la réglementation crypto par la FINMA.

Domaine et application. Lisez l’adresse lettre par lettre, ouvrez les plateformes via vos propres favoris plutôt que par des annonces, et vérifiez l’éditeur dans le magasin d’applications. Le registre du commerce sur zefix.ch indique si une prétendue société suisse existe vraiment.

Victime d’une arnaque : que faire ?

La honte est la meilleure alliée des escrocs. Agissez vite, dans cet ordre :

  1. Stopper immédiatement les paiements

    Plus aucun versement, pas même des « derniers frais ». Coupez le contact et bloquez les numéros.

  2. Sécuriser appareils et comptes

    Désinstaller le logiciel d’accès à distance, appeler la banque pour bloquer les cartes, changer les mots de passe depuis un appareil sain. Si la phrase de récupération est compromise, transférer aussitôt les coins restants vers un nouveau portefeuille.

  3. Conserver les preuves

    Captures d’écran des échanges et de la plateforme, e-mails, adresses web, numéros de téléphone, adresses de portefeuille, identifiants de transaction et justificatifs bancaires. Ne rien effacer.

  4. Porter plainte à la police cantonale

    En cas de préjudice financier, déposer plainte auprès de la police de votre canton, à Genève, Lausanne ou ailleurs. La police zurichoise recommande de s’annoncer d’abord par téléphone.

  5. Signaler l’incident

    Saisir le cas dans le formulaire de l’OFCS, transférer les e-mails suspects à cybercrimepolice.ch et informer la plateforme depuis laquelle vous avez envoyé des cryptos.

  6. Se méfier des offres de récupération

    Ensuite, travaillez uniquement avec la police. Celui qui propose de récupérer votre argent contre une avance est le prochain escroc.

Restons lucides : l’OFCS écrit que l’argent investi est en général perdu, même si la coopération internationale donne parfois des résultats. Les chances sont meilleures si, quelques heures après, les coins se trouvent encore sur une plateforme réglementée. Le formulaire de l’OFCS se trouve sur report.ncsc.admin.ch.

Sécuriser sa phrase de récupération et ses comptes

La plupart des pertes s’évitent avec quelques réflexes :

Un Petit appareil qui conserve les clés privées hors ligne ; chaque transaction est confirmée sur l’appareil lui-même. complique fortement l’hameçonnage, car chaque transaction doit être validée sur l’appareil. Nous testons le suisse BitBox et les appareils Ledger dans des avis dédiés.

Acheter et vendre par des voies sûres

La meilleure protection contre les fausses plateformes : ne jamais donner suite aux offres qui vous appellent. Achetez chez des prestataires dont vous avez vous-même vérifié le statut – une banque comme Swissquote, basée à Gland, ou PostFinance, ou un service comme le genevois Mt Pelerin, affilié à l’OAR SO-FIT. La vente a aussi ses pièges, par exemple de prétendus acheteurs proposant une « solution de séquestre ». Pour reconvertir proprement vos cryptos en francs, lisez vendre ses cryptos en Suisse.

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FAQ

Questions fréquentes

Comment signaler une arnaque crypto en Suisse ?

En cas de préjudice financier, déposez plainte auprès de la police de votre canton de domicile ; la police cantonale zurichoise conseille de s’annoncer d’abord par téléphone. Vous pouvez aussi signaler le cas via le formulaire en ligne de l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) et transmettre les e-mails ou sites suspects à cybercrimepolice.ch.

Peut-on récupérer son argent après une arnaque crypto ?

Le plus souvent, non. L’OFCS indique que l’argent reste en général perdu, même si la coopération policière internationale aboutit parfois. Les chances sont meilleures si vous agissez très vite et que les cryptos se trouvent encore sur une plateforme réglementée. Ne payez jamais de frais à un prétendu service de récupération.

Comment reconnaître une fausse plateforme crypto ?

Signes typiques : rendements garantis ou anormalement élevés, un « conseiller » qui vous appelle, la pression pour verser vite et des frais ou impôts exigés avant tout retrait. Vérifiez la société dans la liste FINMA des établissements autorisés, auprès des organismes d’autorégulation et sur les listes d’alerte de la FINMA et de cybercrimepolice.ch.

Qu’est-ce qu’une arnaque à la récupération ?

Des mois après une première escroquerie, les fraudeurs reviennent en se présentant comme avocats, autorités ou services d’Europol ou d’Interpol. Ils promettent de récupérer l’argent perdu contre une avance de frais. La FINMA souligne qu’elle n’est jamais impliquée dans de telles offres de réparation.

La FINMA contacte-t-elle des particuliers ?

Non. La FINMA indique qu’elle ne contacte en principe pas de particuliers. Ses vraies adresses se terminent par @finma.ch. Si vous recevez un message en son nom, ne répondez pas, ne cliquez sur aucun lien et, en cas de doute, renseignez-vous via questions@finma.ch.

J’ai saisi ma phrase de récupération sur un site : que faire ?

Considérez le portefeuille comme compromis. Créez immédiatement, sur un appareil sain, un nouveau portefeuille avec une nouvelle phrase et transférez-y tous les coins restants. Chaque minute compte, car ces portefeuilles sont souvent vidés automatiquement. Portez ensuite plainte et signalez l’incident.

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