Bâle a une réputation curieuse dans le monde crypto. C’est ici que siège la Banque des règlements internationaux (BRI), la banque des banques centrales, et l’université y abrite un groupe de recherche reconnu au niveau international sur la finance décentralisée. Mais qui cherche un samedi un distributeur bitcoin ou un bar avec caisse Lightning tombe sur une scène modeste : bien réelle, mais petite. Cette page montre ce qui existe vraiment à Bâle, ce qui manque et les solutions qui fonctionnent depuis le coude du Rhin.
Acheter du bitcoin à Bâle : cinq solutions
Un guichet où acheter de la crypto au comptoir, comme BTC Map en signale à Genève, nous n’en avons pas trouvé à Bâle. Il reste cinq solutions concrètes. Elles se distinguent surtout par le montant que l’on peut acheter d’un coup et par l’obligation – ou non – de présenter une pièce d’identité.
| Où | Montant | Identité | |
|---|---|---|---|
| Distributeur crypto | centre, Petit-Bâle | dès CHF 50 (Värdex) | non en cash sous CHF 1000 |
| Automate CFF | Bâle CFF et toutes les gares | CHF 20–500 | numéro de mobile suisse |
| Guichet postal | tout office, via Mt Pelerin | jusqu’à CHF 999 / 30 jours sans ID | compte dans l’app |
| App bancaire | PostFinance, Swissquote, etc. | dès USD 50 (PostFinance) | oui, vérification complète |
| App crypto | en ligne | dès CHF 50 (Relai) | oui, vérification complète |
Distributeurs : peu nombreux, pas tous certains
BTC Map, la carte des lieux bitcoin tenue par des bénévoles, recense cinq distributeurs dans un rayon de quatre kilomètres autour du centre : trois Värdex, un Bity et un appareil marqué « Rothbard » à la Feldbergstrasse 100, dans le Petit-Bâle. Les trois Värdex n’ont pas d’adresse sur la carte ni de vérification récente. Bity, l’acteur neuchâtelois, ne présente plus de distributeurs sur son site ; nous n’avons pas pu confirmer que l’appareil bâlois fonctionne encore. Derrière la mention « Rothbard » se trouverait, selon un article spécialisé, un intermédiaire et non l’exploitant lui-même – qui gère vraiment l’appareil reste flou.
Coin ATM Radar, le plus grand annuaire, attribuait à Bâle environ douze distributeurs dans une statistique non datée citée par HelloSafe. Prenez ce chiffre comme un ordre de grandeur, pas comme une liste. Värdex, exploitant actif basé à Zoug et affilié au VQF, annonce sur son site plus de 80 appareils en Suisse, des achats dès CHF 50 en bitcoin ou en ether, des billets en francs ou en euros et aucun enregistrement pour les achats en cash inférieurs à CHF 1000. L’appareil imprime un Une feuille de papier avec l’adresse publique et la clé privée. Qui détient le papier détient les coins : à conserver en lieu sûr et à transférer vite dans son propre wallet.. Selon Värdex, les frais sont inclus dans le cours et ne sont pas affichés à part : comparez le cours affiché au cours du marché avant d’insérer vos billets. À lire aussi : les distributeurs bitcoin en Suisse et acheter du bitcoin en espèces.
CFF et Poste : les classiques sans surprise
Sur chaque automate à billets CFF – donc aussi dans le hall de Bâle CFF – on peut acheter du bitcoin et de l’ether sous forme de paper wallet, de CHF 20 à 500, payés avec la PostFinance Card, une carte Maestro ou en espèces. Un numéro de mobile suisse est obligatoire pour le code mTAN. Selon les conditions des CFF, la vente est assurée par SweePay AG, à Zoug, membre de l’organisme d’autorégulation PolyReg ; sa commission de change n’est pas publiée. Le mode d’emploi : le bitcoin aux automates CFF.
Au guichet postal, la solution passe par le Bridge Wallet de Mt Pelerin : l’app génère un bulletin QR, que vous payez en espèces. Sans pièce d’identité, c’est possible jusqu’à CHF 999 par 30 jours ; selon le prestataire, les coins arrivent en général dans les 24 heures ouvrables. Notre avis : Mt Pelerin à l’essai.
Banques : annoncé, jamais lancé
Acheter du bitcoin via sa banque bâloise ? Il y a un trou. Bank Cler, filiale de la Banque cantonale de Bâle, avait annoncé à l’été 2020 un service de négoce et de garde d’actifs numériques et engagé un responsable dédié. Un an plus tard, il était parti et l’offre n’avait pas vu le jour, comme le relevait finews en juillet 2021. Nous n’avons trouvé aucun lancement ultérieur, ni à la BKB ni chez Cler. La Banque cantonale de Bâle-Campagne n’a pas non plus d’offre crypto directe à notre connaissance.
Les Bâlois se tournent donc vers des établissements actifs dans toute la Suisse. PostFinance négocie désormais 22 coins via Sygnum, avec 0,95 % de frais de transaction et un minimum de USD 50. Swissquote propose 55 cryptomonnaies. Des banques cantonales comme la ZKB, la LUKB ou la Zuger KB intègrent la crypto à leur e-banking, mais il faut y être client. Vue d’ensemble : les banques crypto en Suisse.
En ligne : pour des montants plus importants
Pour des montants plus élevés ou une épargne régulière, les applications et plateformes sont la voie habituelle. Trois exemples de nos comparatifs :
- CEX.IO – actif depuis 2013 ; des sociétés du groupe sont enregistrées aux États-Unis (FinCEN) et au Royaume-Uni (FCA). Les clients résidant en Suisse contractent avec CEX OVRS LLC, à Nevis, qui ne mentionne aucune autorité de surveillance. Achat par carte ou en euros, pas de francs ; le négoce spot coûte 0,15 % (maker) et 0,25 % (taker). Détails dans notre avis sur CEX.IO.
- Kraken – les dépôts en francs par SIC via la Bank Frick sont gratuits ; sur Kraken Pro, le premier palier coûte 0,40 % (maker) et 0,80 % (taker).
- Relai – application bitcoin uniquement, basée à Zurich, membre de l’organisme d’autorégulation VQF ; 1 % de frais plus le spread, minimum CHF 50. Les bitcoins arrivent dans votre propre wallet : notre avis sur Relai.
Pas de distributeur pratique près de chez vous ? En ligne, vous achetez avec une pièce d’identité, sans passer par la ville.
Sur le marché depuis 2013Groupe enregistré auprès de FinCEN (USA) et de la FCA (UK)
Payer en bitcoin : petit choix, surtout au Petit-Bâle
BTC Map recense 13 entrées sur le territoire de la ville, dont dix vérifiées par des bénévoles. Outre les cinq distributeurs, il s’agit de huit commerces qui encaissent presque tous via Un réseau de paiement construit sur bitcoin. Les paiements passent en quelques secondes et coûtent en général une fraction de centime.. La moitié se trouve dans le Petit-Bâle.
- Schall und Rauch Bar, Rheingasse 27 – bar du Petit-Bâle.
- Kitchen 41, Maulbeerstrasse 41, et Thai Food Kitchen 41, Kornhausgasse 10 – deux restaurants au nom proche.
- Keck Kiosk, Klybeckstrasse 1c.
- Spar, Hegenheimerstrasse 93 – fait partie du déploiement national de Spar avec paiement Lightning.
- The Great Print, Erlenmattstrasse 55, ainsi que deux prestataires : la fiduciaire Prinzip Zwei (Im Lohnhof 8) et le cabinet de physiothérapie Andreas Schneck (Elsässerstrasse 46).
Demandez avant de commander. BTC Map repose sur des bénévoles et les systèmes de caisse changent plus vite que la carte. Une administration qui accepte le bitcoin, comme le canton de Zoug pour les impôts ou Lugano pour toutes les factures communales, nous n’en avons pas trouvé à Bâle. Comment cela fonctionne ailleurs : payer ses impôts en bitcoin.
Recherche au bord du Rhin : CIF et BRI
Au Center for Innovative Finance (CIF) de l’Université de Bâle enseigne Fabian Schär, professeur de Distributed Ledger Technology et Fintech et directeur du centre. Ses recherches portent sur les blockchains publiques, les protocoles Decentralized Finance : services financiers comme des bourses ou des prêts qui tournent via des smart contracts sur une blockchain, sans banque au milieu. et la confidentialité financière. Il est coauteur du livre « Bitcoin, Blockchain, and Cryptoassets » publié par MIT Press, conseiller technique du comité des paiements CPMI de la BRI et a été chercheur invité au Fonds monétaire international. Pour l’investisseur, Bâle produit donc plutôt des analyses que des places de négoce. Qui veut comprendre comment fonctionnent les bourses décentralisées et les protocoles de prêt trouvera dans ses travaux une source sobre.
Impôts : la notice crypto de Bâle-Ville
Bâle-Ville a publié en janvier 2026 une notice sur l’imposition des cryptomonnaies et des revenus passifs gagnés sur internet. Elle s’applique dès la période fiscale 2025. Pour les particuliers, voici l’essentiel :
- Les coins de la fortune privée vont dans le formulaire W (l’état des titres bâlois), avec une liste détaillée nommant chaque cryptomonnaie.
- Évaluation à la fin de la période fiscale : cours officiel de l’AFC ; à défaut, cours de la plateforme la plus courante ou de celle utilisée ; en dernier recours, prix d’achat en francs avec quittance.
- Preuve : une impression du wallet au 31 décembre.
- Les gains en capital privés sont exonérés, les pertes ne sont pas déductibles.
- Staking, airdrops, prêt, yield farming et minage sont un rendement de fortune imposable – coin par coin dans la rubrique B du formulaire W, à la valeur du jour où naît le droit.
- Un salaire en bitcoin est un revenu d’activité, à la valeur au moment de l’encaissement, et figure sur le certificat de salaire.
- Le commerce professionnel est apprécié selon la circulaire n° 36 de l’AFC.
Les coins sont donc soumis à l’Impôt cantonal sur la fortune nette au 31 décembre. Les cryptos en font partie, comme les actions ou les avoirs bancaires., mais pas à un impôt sur les gains. Les récompenses de Bloquer des coins pendant un certain temps pour sécuriser un réseau et recevoir de nouveaux coins en récompense. comptent, elles, comme revenu. La notice applique par analogie les mêmes règles aux NFT. Renseignements : administration fiscale de Bâle-Ville, division des personnes physiques, Fischmarkt 10, téléphone 061 267 97 23. Les principes nationaux sont résumés dans la fiscalité crypto en Suisse, la marche à suivre dans déclarer ses cryptos.
Meetups et communauté
La scène bitcoin bâloise se retrouve sous deux formes. Le Bitcoin Meetup Basel fait partie du réseau de la Bitcoin Association Switzerland (BAS), qui organise aussi des rencontres régulières à Zurich, Genève, Lucerne et Neuchâtel – en général dans des cafés et gratuitement ; les dates figurent sur Meetup.com. Il y a aussi Einundzwanzig Basel, avec le site bitcoin-basel.ch et un groupe Telegram, rattaché au réseau germanophone Einundzwanzig et qui gère sa propre zone communautaire sur BTC Map. Pour signaler un commerce ou un distributeur en panne, c’est la bonne adresse. Les échanges s’y font surtout en allemand.
Bâle-Campagne, Jura et zone des trois frontières
Hors de la ville, la carte se vide. Dans le canton de Bâle-Campagne, BTC Map ne recense que quelques entrées, comme le Spar maxi de la Hohestrasse 134 à Oberwil, le garage Dürrenberger à Pratteln et l’école Rudolf Steiner de Münchenstein. Autour de Liestal, aucune. L’administration fiscale de Bâle-Campagne répond dans une FAQ : les coins vont dans l’état des titres et avoirs, évalués au cours de l’AFC, sinon au cours de fin d’année de la plateforme, à défaut au prix d’achat ; les gains privés sont exonérés, les pertes non déductibles.
Pour les Jurassiens, Bâle reste la grande ville la plus proche avec plusieurs distributeurs, et une communauté « Bitcoin Jura » figure aussi sur BTC Map. Qui habite à Lörrach, Weil am Rhein ou Saint-Louis et travaille à Bâle peut utiliser les distributeurs bâlois ; pour l’impôt sur la fortune, c’est en règle générale le droit de l’État de domicile qui s’applique, pas la notice bâloise.
Plus de choix ? À Zurich, une heure de train plus loin, les distributeurs sont bien plus nombreux. En Suisse romande, Genève compte nettement plus de distributeurs. Toutes les régions : la crypto dans les régions suisses.