CEX.IO fait partie des anciens du secteur : la plateforme est active depuis 2013, vend selon son site des cryptos par carte depuis ses débuts et affiche aujourd’hui, selon la page consultée, de 200 à plus de 300 actifs. Pour un résident suisse, elle devient intéressante dans trois cas : vous cherchez des cryptos que PostFinance ou Swissquote ne proposent pas, vous voulez acheter vite par carte ou Apple Pay, ou vous tradez activement et voulez profiter de frais spot de 0,15 % ou 0,25 %.
Elle convient moins si vous voulez déposer des francs, savoir vos cryptos sous surveillance suisse ou investir d’emblée des montants importants. Il n’y a pas de compte en CHF, le contrat passe par une société de Nevis et les nouveaux comptes sont limités à USD 3’000 par mois pendant trois mois. Cet avis détaille ce que cela implique, ce que coûte un achat et à qui la plateforme reste utile.
Réglementation : avec qui signez-vous ?
CEX.IO est un groupe de plusieurs sociétés, et celle qui vous sert dépend de votre domicile. Aux États-Unis, c’est CEX.IO Corp., enregistrée auprès de FinCEN comme Money Services Business (NMLS 1804170) et titulaire de licences de plusieurs États. Au Royaume-Uni, CEX.IO Markets UK Ltd est enregistrée auprès de la Financial Conduct Authority comme prestataire crypto au titre des règles anti-blanchiment (FRN 1007192). Pour l’EEE, il existe CEX.IO Europe S.L., à Madrid.
La Suisse n’entre dans aucune de ces cases. Pour « les autres pays », CEX.IO désigne CEX OVRS LLC, sise à Charlestown, sur l’île de Nevis (n° L 22275). Sa page juridique ne mentionne aucune autorité de surveillance. Les enregistrements américain et britannique montrent que le groupe passe des contrôles sur deux grands marchés, mais ils ne protègent pas un client domicilié à Genève, Lausanne ou Neuchâtel.
Côté UE, le dossier est ouvert. CEX.IO Europe a demandé une autorisation MiCA à la CNMV espagnole ; selon CEX.IO, la demande est toujours à l’examen. Le registre intérimaire de l’ESMA ne contient aucune entrée CEX.IO. Pour un résident suisse, MiCA ne joue de toute façon pas de rôle direct.
En Suisse même, CEX.IO n’a ni autorisation FINMA ni affiliation à un Organisme d’autorégulation : association reconnue par la FINMA qui contrôle le respect des obligations anti-blanchiment des intermédiaires financiers, par exemple VQF ou PolyReg.. La protection du droit suisse de la faillite, qui permet de distraire les cryptos conservées par un prestataire suisse, ne s’applique pas automatiquement à une société de Nevis. Pour comprendre les différents statuts, lisez notre guide sur la FINMA et la réglementation crypto.
Dépôts et retraits : l’euro plutôt que le franc
CEX.IO propose le dollar, l’euro et la livre sterling comme monnaies fiat. Le franc suisse n’en fait pas partie. Le site cite Visa et Mastercard, Apple Pay, Google Pay, SEPA, SWIFT et plusieurs porte-monnaie électroniques comme Skrill ou Neteller, en précisant que la disponibilité dépend du pays et du prestataire de paiement. Vous ne verrez les moyens réellement ouverts à votre compte qu’après la vérification. Ni TWINT, ni PostFinance Pay, ni virement SIC.
Concrètement, les résidents suisses ont deux options :
- Des euros par SEPA : vous virez des euros depuis votre compte suisse. Votre banque convertit les francs et applique une marge de change, variable d’un établissement à l’autre. Nous n’avons trouvé sur les pages publiques de CEX.IO aucun frais de dépôt SEPA ; vérifiez-le dans la fenêtre de dépôt. Le fonctionnement général est expliqué dans Acheter des cryptos par virement bancaire.
- Carte, Apple Pay ou Google Pay : vous achetez directement avec votre carte de débit ou de crédit. C’est l’affaire de quelques minutes, mais plus cher. La carte est débitée en euros ou en dollars, l’émetteur convertit en francs et peut ajouter des frais de change. Détails dans Acheter des cryptos par carte bancaire.
Pour les nouveaux comptes, CEX.IO fixe un plafond de USD 1’000 par jour et USD 3’000 par mois durant les trois mois suivant la vérification d’identité. Ensuite s’appliquent les limites ordinaires du moyen de paiement.
Pour les retraits, la grille indique : SEPA EUR 2.99, SWIFT 0,3 % plus USD 25 (minimum USD 50), et retrait sur carte Visa ou Mastercard « 0,49 % à 4,99 % plus frais de service ». Si vous rapatriez des euros sur un compte suisse, ajoutez le change de votre banque. Les banques posent souvent des questions sur les montants venant de plateformes crypto : gardez vos justificatifs d’achat. Plus de détails dans Vendre ses cryptos en Suisse.
Exemple chiffré : CHF 1’000 de bitcoin
Hypothèse : vous achetez pour CHF 1’000 de bitcoin. Les frais de CEX.IO sont ceux publiés ; la marge de change de votre banque est une hypothèse, à remplacer par le taux de votre propre tarif.
Voie 1 – euros par SEPA, achat en spot : votre banque change CHF 1’000 en euros. Avec une marge supposée de 1 %, cela coûte CHF 10. Vous achetez ensuite dans le carnet d’ordres. En tant que Le taker achète immédiatement au meilleur prix disponible et retire de la liquidité du carnet ; le maker place un ordre limite et apporte de la liquidité., vous payez 0,25 %, soit CHF 2.50 ; avec un ordre limite en tant que maker, 0,15 % ou CHF 1.50. Total : environ CHF 11.50 à CHF 12.50.
Voie 2 – carte ou Apple Pay : les indications de CEX.IO pour la carte ne sont pas uniformes. Certaines pages produit citent 2,99 % pour Visa et Mastercard, soit CHF 29.90. S’y ajoutent d’éventuels frais de change de votre carte. Seul compte le montant affiché au paiement avant confirmation.
La carte coûte ici environ deux fois et demie plus cher, mais évite le jour ou deux d’attente d’un virement SEPA.
Frais et spread : ce que vous payez vraiment
Les frais spot de CEX.IO sont parmi les plus bas du marché : 0,15 % pour les makers, 0,25 % pour les takers, avec des taux dégressifs selon le volume. À titre de comparaison, Kraken Pro facture 0,40 % et 0,80 % au premier palier, Swissquote 1,00 %. Au-delà des frais compte le Écart entre le meilleur prix d’achat et le meilleur prix de vente. Vous le payez indirectement à chaque transaction, même sans frais affichés.. Dans le carnet d’ordres, vous le voyez directement ; lors d’un achat instantané, il est intégré au cours affiché.
| CEX.IO | Kraken | Swissquote | SwissBorg | |
|---|---|---|---|---|
| Frais de négoce au départ | 0,15 % / 0,25 % | Pro 0,40 % / 0,80 % | 1,00 % | 0,99 % |
| Dépôt en francs | non, EUR/USD/GBP | SIC gratuit | IBAN suisse | SWIFT seulement |
| Carte et Apple Pay | pas en CHF | pas trouvé | 4,5 % pour la CH | |
| Cryptos | 200–300+ | plusieurs centaines | 55 | environ 400 |
| Contrepartie pour la CH | Nevis, aucune autorité citée | BVI, aucune autorité citée | Banque, FINMA | France, AMF (MiCA) |
Cryptos, Earn et services annexes
Selon la page, CEX.IO revendique « plus de 200 » ou « plus de 300 » actifs, dont le bitcoin, l’ether, l’USDT, Solana, XRP et Dogecoin, ce dernier négociable contre bitcoin, euro, dollar et USDC. Nous n’avons pas trouvé Pi Network chez CEX.IO ; pour un résident suisse, la voie passe par Kraken, voir Pi coin en Suisse.
Bon point pour la Suisse : elle figure dans la liste des pays éligibles à CEX.IO Savings et Staking, publiée par le support. Les pages de CEX.IO ne sont toutefois pas parfaitement cohérentes ; vérifiez cryptos, rendements et délais dans votre compte. Ce qu’il faut savoir sur le Mise en gage de cryptos sur un réseau proof-of-stake, rémunérée par des récompenses dans la même crypto. figure dans notre guide du staking crypto en Suisse. Nous n’avons pas trouvé de carte de débit ou de crédit CEX.IO pour la Suisse.
Impôts
D’après nos recherches, CEX.IO ne fournit pas de relevé fiscal suisse. Pour votre déclaration, il vous faut le solde au 31 décembre, évalué à la valeur fiscale de la liste des cours de l’AFC. Les revenus de staking et de Savings sont imposables comme revenu au moment de leur versement ; les gains en capital privés restent exonérés. Tenez un relevé de vos achats, ventes et revenus, et vérifiez dans le compte quels exports sont disponibles. Pas à pas : Déclarer ses cryptos aux impôts.
Pour qui CEX.IO a du sens en Suisse
CEX.IO est un bon choix si au moins un de ces points vous concerne :
- Vous cherchez des altcoins absents des banques suisses. PostFinance en propose 22, Swissquote 55 ; chez CEX.IO, le choix est plusieurs fois plus large.
- Vous voulez acheter spontanément par carte, Apple Pay ou Google Pay, par exemple un petit montant, sans attendre un virement.
- Vous avez déjà un compte en euros, pour les vacances ou des revenus en euros. La marge de change disparaît alors sur la voie SEPA.
- Vous tradez activement avec des ordres limites et profitez des 0,15 % côté maker.
Quand un prestataire suisse convient mieux
- Vous voulez déposer et retirer des francs : Kraken accepte les CHF par SIC sans frais, voir notre avis sur Kraken.
- Vous voulez vos cryptos dans une banque surveillée par la FINMA, avec relevé fiscal et dépôt à côté de vos actions : avis Swissquote ou notre panorama des banques crypto en Suisse.
- Vous voulez seulement du bitcoin en plan d’épargne : des applis suisses comme Relai s’y consacrent.
- Vous prévoyez d’emblée des montants à cinq chiffres : les limites des trois premiers mois freinent. Pour les gros tickets, voyez le négoce OTC en Suisse.
Points forts concrets
- Spot dès 0,15 % (maker) et 0,25 % (taker) selon la grille tarifaire
- Achat par Visa, Mastercard, Apple Pay et Google Pay
- De 200 à plus de 300 actifs, dont USDT, Solana, XRP et Dogecoin
- Active depuis 2013 ; sociétés du groupe enregistrées auprès de FinCEN (USA) et de la FCA (UK)
- Suisse listée pour Savings et Staking
À savoir
- Contrepartie pour la Suisse : CEX OVRS LLC à Nevis, sans autorité de surveillance citée
- Pas de compte en francs : dépôts uniquement en EUR, USD ou GBP
- Nouveaux comptes, trois premiers mois : USD 1’000 par jour et USD 3’000 par mois au maximum
- Frais de carte indiqués de façon incohérente sur le site, définitifs seulement au paiement
- Retrait SWIFT à 0,3 % plus USD 25, minimum USD 50
Ouvrir un compte depuis la Suisse
Comme toute plateforme sérieuse, CEX.IO exige une vérification d’identité (Know Your Customer : contrôle d’identité imposé par la loi avant qu’un prestataire ne déplace de l’argent ou des cryptos pour vous.). Préparez un passeport ou une carte d’identité valable ; les ressortissants étrangers domiciliés en Suisse utilisent généralement leur passeport. Selon le moyen de paiement, CEX.IO demande aussi une preuve d’adresse, par exemple une facture récente ou un relevé bancaire. Pour des montants élevés, un justificatif de l’origine des fonds peut s’ajouter (certificat de salaire, preuve de vente).
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S’inscrire et sécuriser
Créer le compte avec une adresse e-mail et un mot de passe solide, choisir la Suisse comme pays de domicile et activer tout de suite l’authentification à deux facteurs.
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Vérifier son identité
Photographier la pièce d’identité et passer le contrôle selfie. Nom et adresse doivent correspondre à ceux de votre compte bancaire et de votre carte.
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Choisir le mode de dépôt
Pour limiter les coûts, virer des euros par SEPA depuis un compte à votre nom. Pour un achat rapide, choisir carte, Apple Pay ou Google Pay et contrôler les frais au paiement.
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Acheter
En spot, placer un ordre limite (maker 0,15 %) ou acheter au marché (taker 0,25 %). Commencer petit et tenir compte des limites des trois premiers mois.
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Conserver et documenter
Transférer les montants importants vers un portefeuille personnel et garder les justificatifs pour la déclaration d’impôt et la banque.
Vous cherchez des altcoins que votre banque ne propose pas, ou un premier achat par Apple Pay ? L’inscription prend quelques minutes ; ne déposez qu’après la vérification.
Sur le marché depuis 2013Groupe enregistré auprès de FinCEN (USA) et de la FCA (UK)
Alternatives
Pour déposer des francs, Kraken offre la voie CHF la plus claire ; pour une banque suisse, voyez Swissquote, à Gland. L’appli SwissBorg, fondée à Lausanne, propose environ 400 cryptos avec une contrepartie autorisée MiCA en France. Toutes les voies d’achat sont réunies dans Acheter du bitcoin en Suisse.